Contrats de la Défense : 47,2 % sont allés à des opérateurs belges
De 2021 à la mi-2026, 11,416 milliards d’euros sur 24,183, soit 47,2 %, des investissements de la Défense belge en marchés publics sont allés à des opérateurs belges. Chiffres du ministre Theo Francken au Parlement, publiés par La Libre le 21 octobre 2026. Les salaires n’y sont pas. Ce pourcentage ne dit pas qui sera retenu.
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On y apprend ce que les chiffres des contrats de la Défense, donnés au Parlement, changent pour une entreprise belge qui veut en obtenir un.
D’où viennent ces chiffres
Le 21 octobre 2026, à 19:56, heure de Bruxelles, La Libre Belgique a publié les chiffres que le ministre de la Défense, Theo Francken (N-VA), a donnés dans une réponse parlementaire au député Koen Van den Heuvel (CD&V). L’article est signé Antoine Clevers. Il porte sur les investissements de la Défense belge passés par des marchés publics entre 2021 et la mi-2026. Source : La Libre, 21 octobre 2026
Le total est de 24,183 milliards d’euros. Sur ce total, 11,416 milliards, soit 47,2 %, sont allés à des opérateurs économiques belges. Les salaires du personnel et les frais de fonctionnement des infrastructures ne sont pas dans ces montants. Une entreprise qui veut vendre à la Défense lit donc une série de marchés, pas la masse salariale du département.
Ce que cela change pour une entreprise belge
47,2 % est la part du montant déjà confié, entre 2021 et la mi-2026, à des opérateurs établis en Belgique. Une PME ou un fournisseur qui n’a encore rien vendu à la Défense ne figure pas dans ce pourcentage. Le chiffre montre autre chose : des entreprises du pays sont déjà titulaires d’une large part de ces marchés.
Le reste du montant a un titulaire ailleurs. Pour une entreprise qui veut entrer, la question utile est de savoir dans quelle famille de marché son produit ou son service peut être demandé, puis de surveiller les avis.
La Libre écrit que l’opposition, à l’exception de DéFI, accuse régulièrement le ministre d’orienter l’investissement militaire vers le marché américain, au détriment des marchés belge et européen, et qu’il le nie. Les montants repris ici sont ceux de la réponse parlementaire, tels que La Libre les a publiés.
Trois sortes de marchés
La réponse parlementaire couvre trois sortes de marchés publics. Les trois ne se préparent pas de la même façon.
La première est l’achat militaire passé sous la loi belge de marchés publics « défense et sécurité ». Il s’agit surtout d’armes, de véhicules militaires et d’infrastructures sensibles. Ce n’est pas le régime qu’une commune ou un ministère utilise pour un achat ordinaire.
La deuxième regroupe les achats qui relèvent des intérêts essentiels de sécurité, le cas que l’article 346 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne nomme. L’État peut alors sortir l’achat des règles européennes habituelles. Entre 2021 et la mi-2026, ces acquisitions se montent à 2,013 milliards d’euros. 79,7 % sont allés à des entreprises belges, soit 1,605 milliard. Le reste est allé en France.
La troisième est le marché public classique, celui qui vaut pour n’importe quelle administration. Fournitures, services ou travaux qui ne sont pas placés dans les deux régimes spéciaux suivent les règles communes. Sur 2021–mi-2026, ces marchés représentent 3,280 milliards d’euros, dont 83,8 % (2,750 milliards) ont été dépensés en Belgique. Pour une entreprise qui répond déjà à des marchés publics ordinaires, c’est l’entrée la plus accessible : les pièces, la langue et le lieu de dépôt se lisent comme sur un autre avis.
Pourquoi la part « défense et sécurité » est plus basse
Dans la seule famille « défense et sécurité », de 2021 à la mi-2026, le montant est de 18,890 milliards d’euros. La Belgique en a reçu 7,061 milliards, soit 37,4 %. C’est moins que sur 2020–2025.
Sur la même famille, les États-Unis représentent 17,1 % (3,223 milliards), le Luxembourg 15,5 % (2,922 milliards) et la France 15,4 % (2,912 milliards). Armes, véhicules militaires, infrastructures sensibles : une part importante des titulaires enregistrés est hors de Belgique. 37,4 % sur cette famille, 47,2 % sur les trois familles ensemble : la part belge est plus haute dès que l’on sort des seuls achats « défense et sécurité ».
37,4 % pour les achats « défense et sécurité » de 2021 à la mi-2026, 79,7 % pour l’article 346, 83,8 % pour les marchés classiques.
En avril, le ministre avait déjà donné des chiffres pour 2020–2025 sur les achats « défense et sécurité ». La Belgique et ses entreprises y prenaient 47,3 % de ces achats, loin devant les États-Unis (19 %), la France (5,6 %) et les Pays-Bas (2,6 %). Cette série couvre 2020–2025. La série commentée plus haut, pour la même famille, couvre 2021–mi-2026. Chaque série se lit pour les années qu’elle nomme.
Le rôle d’un acheteur central comme la NSPA
La Libre explique la place du Luxembourg par la présence, dans ce pays, de la NSPA, l’agence de soutien et d’acquisition de l’OTAN. C’est l’organisme d’achat central de l’Alliance. Un marché passé par la NSPA est compté au Luxembourg, là où cet organisme est établi, et non en Belgique.
Ces pourcentages désignent l’opérateur économique qui obtient le marché. Une entreprise belge qui travaille comme sous-traitant d’un titulaire étranger, ou de la NSPA, ne devient pas pour autant l’opérateur compté dans les 37,4 %. Elle peut quand même obtenir une part du travail : la fourniture, le service ou le lot qu’elle sait faire.
Par où une entreprise peut entrer
Le point d’entrée le plus accessible reste le marché classique, celui qui vaut pour n’importe quelle administration. Une entreprise qui sait déjà lire un avis, réunir les pièces et déposer une offre peut commencer par là, y compris quand l’acheteur est la Défense.
Les avis de la Défense belge se surveillent à deux endroits. TED publie les avis envoyés au Journal officiel de l’Union européenne : TED e-Procurement, la plateforme belge, est à l’adresse e-Procurement Les marchés belges qui ne sont pas sur TED sont expliqués ici : Marchés hors TED
Avant de répondre à un avis TED, on vérifie qu’il est encore ouvert : Avis encore ouvert On lit l’avis dans l’ordre utile : Lire un avis TED Le lieu de dépôt et la langue que l’avis publie se lisent ici : Lieu de dépôt L’endroit où déposer une offre pour un avis encore ouvert est repris dans le guide Où déposer l’offre Les textes que TED publie sur les pièces à remettre sont ici : Pièces à remettre
Si le marché porte sur des armes, des véhicules militaires ou une infrastructure sensible, ou s’il est passé par un acheteur central comme la NSPA, une PME peut viser la sous-traitance plutôt que le marché principal. Elle identifie le titulaire, ou l’entreprise invitée à remettre une offre, et propose la partie qu’elle sait fournir. AOEX ne trouve pas ce titulaire à sa place, ne dépose pas l’offre et ne contacte pas l’acheteur.
Aucun de ces chiffres ne dit quelle entreprise sera retenue sur le prochain avis. Le texte à suivre reste l’avis officiel et les documents du marché.
Cette note décrit des documents publics et le fonctionnement d’AOEX. Ce n’est pas un conseil juridique.
Édité par aoex.